Quand on partage, on divise... ou on multiplie !

Publié le 16 Juin 2014

"J'ai 27 bonbons dans mon sac. Je rencontre 4 amis. Si je veux partager également mes roudoudous, combien chacun pourra-t-il en obtenir ?"

Ceux qui n'ont pas la "bosse des maths" comme on dit, mélangent les 4 opérations de base et se retrouvent avec un résultat faramineux, digne des petits pains et des poissons de la colline apostolique. Addition, soustraction, Multiplication, division : c'est pourtant simple.

"Un peu de bon sens voyons ! s'entendent-ils répartir. Tu sais bien que quand on partage, on divise. La preuve, quand ta petite soeur et ton petit frère se partagent tes jouets, tu n'en as presque plus !"

Cette phrase est bel et bien la source du problème.

Fractale : la partie est le tout (et vice-versa)Fractale : la partie est le tout (et vice-versa)Fractale : la partie est le tout (et vice-versa)

Fractale : la partie est le tout (et vice-versa)

Le calcul au quotidien

Amateurs de choux, de carottes, de pommes et de scoubidous, vous avez été tenté d'ajouter toute une imagerie aux chiffres vécus comme froids et silencieux, voire obscurs et entêtés.

À partir de "3+8+5 = ?", vous imaginez 3 patates+ 8 petits pois +5 carottes = ? légumes

c'est à-dire une belle macédoine. Tout ça a l'avantage de tenir dans un grand sac, soit vos 16 légumes du marché, tous dans le même panier. Là, on peut corser l'affaire en décidant de partager les courses, entre plusieurs familles par exemple. Auquel cas, on répartit les emplettes dans plusieurs sacs, plus petits.

On se dépêche de modéliser le raisonnement grâce aux fameux problèmes de la primaire. C'est une vérité généralement admise, presqu'un absolu.

Si tu partages, tu en as moins pour toi.

Voilà un aphorisme un peu crispé qui ne laisse guère présager l'avènement de la solidarité entre les peuples.

Ainsi donc, le partage "réducteur" fonctionne pour :

 

  • les choses : les objets, les machines, les trucs, les bidules, etc.
  • l'argent : les euros, les cents, les roubles, les dinars;
  • l'espace, le terrain de foot, le siège de bus, la place de parking, le jardin potager.
  • le temps : les rendez-vous, les allocutions, les plannings.

Même si ces aspects sont vécus comme essentiels, ils ne représentent pourtant que l'émergence de notre vie. La part immergée de notre iceberg personnel fonctionne autrement, il faut le reconnaître. Je dirai même : en opposition diamétrale.

En-deça et au-delà des limites physiques et terrestres, le raisonnement mathématique ne fonctionne plus.

Couper le gâteau en 8, ça va encore... mais en 13, c'est très difficile. Quant à partager son amour, c'est impossible. Tout bonnement.Couper le gâteau en 8, ça va encore... mais en 13, c'est très difficile. Quant à partager son amour, c'est impossible. Tout bonnement.

Couper le gâteau en 8, ça va encore... mais en 13, c'est très difficile. Quant à partager son amour, c'est impossible. Tout bonnement.

Calculer le vivant, ça existe ?

"Eh ben dis donc, tu ne l'as pas calculée, elle doit bouillir à l'heure qu'il est !"

"Après ce qu'il m'a fait, je ne le calcule même plus"

Ou encore (depuis la colonisation Gps) : "En ce moment, je dois me recalculer."

Chaque rencontre humaine s'inscrit dans l'échange : prendre/donner, voir/montrer, s'exprimer/imprimer écouter, lancer/recevoir, inspirer/expirer. Ce qui est partagé se multiplie instantanément proportionnellent au nombre de présents.

Le partage "multiplicateur" fonctionne pour... les gens !

  • Les comportements: le sourire, le sérieux, la tristesse, le stress, les embrassades, etc.
  • Les émotions : peur, colère, joie, sérénité et tout ce que vous avez sur le coeur.
  • Les idées, d'où l'éventualité des "Think Tanks"

Avec ça, vous pouvez toujours essayer de diviser une personne. Aucune chance. On est on ou on est off. On/off.

Je vous accorde que les manifestations de ces phénomènes ne sont pas toujours absolument synchrones, ce qui brouille un peu les pistes. Mais tout de même.

Géométrie projective : les parallèles se croisent à l'infini.
Géométrie projective : les parallèles se croisent à l'infini.
Géométrie projective : les parallèles se croisent à l'infini.
Géométrie projective : les parallèles se croisent à l'infini.
Géométrie projective : les parallèles se croisent à l'infini.

Géométrie projective : les parallèles se croisent à l'infini.

La double puissance du partage

Si je tire les conséquences de mon raisonnement, je vois bien que cette double force est à mon entière discrétion.

Ainsi, je peux "objectiver" le plus possible ce qu'il faut diminuer et "humaniser" ce qu'il faut agrandir.

Par exemple, diffuser autour de soi ce qu'on veut recevoir.

Voulez-vous du temps ? Commencez par en donner. De l'abondance ? La clé, c'est l'investissement (tous les joueurs de Monopoly le savent, surtout ceux de la Rue de la Paix). De l'amour ? Rayonnez.

À l'inverse, et Descartes ne me contredira pas pour d'évidentes raisons, diviser la peine, déctiquer la tâche, écrire des listes, se détacher du superflu, se délester de tout ce qui nous pèse et nous encombre. Ce que prendront les autres ne sera plus à faire. Partager son chagrin, c'est déjà se demander quel petit bout peut s'abandonner aux oreilles attentives. Et de petit bout en petit bout, de petit pas en petit pas, on en fait du chemin !

La lenteur de l'escargot fait oublier qu'il glisse avec une grande efficacité.

La lenteur de l'escargot fait oublier qu'il glisse avec une grande efficacité.

Opérations de base dans la vie

L'addition
  • Accumuler des objets autour de soi, c'est soustraire le mouvement, multiplier les tâches et diviser l'espace.
  • Accepter l'aide de son prochain, c'est alléger le poids de la responsabilité, multiplier les itinéraires et réduire le temps exigé.
La soustraction
  • Écarter des solutions, c'est s'ajouter des contraintes, multiplier sa lassitude, diviser son enthousiasme.
  • Se débarrasser des choses devenues inutiles, c'est augmenter l'espace, s'ajouter de la liberté, répartir son attention au plus juste.
La multiplication
  • Multiplier les stratégies, les calculs et les manipulations pour s'approprier des choses, c'est se diviser soi-même, s'interdire de franches relations et accumuler des contraintes.
  • Multiplier les rencontres, c'est augmenter ses chances de bonheur, se soustraire aux angoisses et diviser ses difficultés.
La division
  • Économiser son énergie dans les relations aux autres, c'est se priver du sel de la vie, multiplier les barrières et s'ajouter un couvercle.
  • Partager ses sentiments, c'est se soustraire aux angoisses morbides, multiplier les solutions possibles, ajouter des couleurs à l'existence.

Peut-être que ceux qui n'ont pas la "bosse des maths" ont le sens de la vie, en réalité.

Rédigé par Ecriture plurielle

Publié dans #Fantaisies

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S
J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement
Répondre
E
Bonjour, merci de votre confiance.
Vous avez éveillé ma curiosité. Cependant, le lien vers votre blo n'apparaît pas...
Si vous voulez bien le répéter, je visiterai volontiers.
Bonne journée,
Céline.
T
Merci très beaucoup pour cet extrait de littérature. Sympa.
Répondre
E
Bienvenue à vous.