Homère : la parole en action

Publié le 9 Avril 2015

Les poèmes qui ont construit la Grèce : l'Illiade et l'Odyssée

Homère, c'est une légende. Impossible de passer à côté des Sirènes, des Cyclopes, des hommes rendus fous par des Dieux tout-puissants, ainsi que de la tapisserie avancée le jour et défaite la nuit.

Homère, c'est toute notre enfance et notre compréhension du monde.

Quand il faut inventer quelque chose, on va pêcher dans les chants homériques les idées-force. Le Cheval de Troie a un parcours extraoridinaire, de la stratégie militaire au dépannage informatique en passant par la psychologie féminine ou masculine...

Amusez-vous à chercher les noms des monstres ou des dieux homériques sur la toile : vous serez abasourdis de leur vitalité et de leur myriade d'avatars !

Entre les dieux et les hommes, le logos.

On ne tergiverse pas, dans les poèmes homériques, on agit vraiment de toutes ses forces et de tout son coeur.

Les assemblées convoquées sous les égides divines ne sont pas des occaions de palabres. ce sont des plans d'action au parler vrai qui vaut son pesant de réalisation.

Le poète inspiré relaie la vérité logique. Il fallait bien tout cela pour inspirer un peuple et d'une légende, bâtir une civilisation. La Grèce est le berceau d'une démocratie, en rien comparable à la nôtre (hormis son nom) qui si elle était limitée comme on le sait, a donné naisance à de belle utopie.

La République de Platon est une fleur d'Iliade.

Aristote en tire le bilan, repris en écho par les artistes des siècles suivants

Pourtant, ce n'était pas gagné :

  • 1250 avant JC : La guerre de Troie
  • 800-750 avant JC : Homère
  • 400 av JC : la Grèce classique récite les poèmes d'une seule voix.

Un demi-millénaire à chaque fois sépare les temps forts. Quelle est la part de l'histoire et de l'imaginaire ? La vérité se cache-t-elle dans la transmission ou dans l'intention ?

L'Ion de Socrate est bien embarassé...

Du fait historique a surgi une cosmogonie et une mythologie complète : photosynthèse historique voulue par les Muses au service des hommes.

L'hexamètre dactylique, rythme parfait pour être "de tous temps"

Les poèmes homériques sont des chants de 15 000 ou 20 000 vers, en hexamètres dactyliques, alternant les syllabes courtes et longues dans un ordre préétabli :

uu— court court long, dit anapeste ou — —, long long, dit spondée.

Anapeste et spondée exigent certaines suites plus faciles - d'ailleurs la transmission orale se charge très souvent de la facilité - et on retrouve ainsi les fameuses épithètes : "Achille aux pieds légers", "Ulysse aux mille ruses"...

Poésie qui berce, qui élève et sublime des histoires tellement humaines qu'elles sont restées parfaitement modernes. Juste, ce qui en ces temps lointains, était à l'extérieur, est désormais en chacun(e) d'entre nous. Les Dieux et leurs conflits ne sont plus à chercher au dehors et notre courage ne nous sert plus à pourfendre l'ennemi.

La ville de Troie, en grec Ilion, ou Ulysse, en grec Odysséus, c'est chacun d'entre nous.

http://classes.bnf.fr/rendezvous/pdf/Homere4.pdf

http://classes.bnf.fr/rendezvous/pdf/Homere4.pdf

Rédigé par Ecriture plurielle

Publié dans #littérature étrangère

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