Parents d'élèves DYS : le parcours du combattant

Publié le 4 Novembre 2016

Dès la maternelle, les enseignants détectent les troubles d’apprentissage et adressent les familles à des spécialistes en dehors de l’école. Dyslexie, dysorthographie, dyspraxie, etc et les troubles de l’attention, voilà les « dys ». Le point commun ? Se rattacher à la question du handicap. C’est ainsi que devenir parent d’un élève dys est un véritable challenge.
 

"L'école inclusive, c'est surtout une réalité, inscrite dans la loi depuis 2013 et rendue concrète au quotidien pour plus de 280 000 élèves en situation de handicap, scolarisés en milieu ordinaire" souligne Najat Vallaud-Belkacem.

Ministère de l'Éducation Nationale, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Conférence nationale du handicap 2016

Si l’inclusion scolaire fédère, elle met tous les handicaps à égalité.

Cette généralisation a un double effet : d’une part, elle booste les statistiques – et la ministre s’en félicite.

 

D’autre part, les parents de « dys » affrontent un étiquetage qui fait peur : le handicap protégé par la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapée.

Voilà comment on a glissé de la notion d’élève en difficulté à celle d’élève en situation de handicap.

Il semble que de plus en plus d'élèves scolarisés soient considérés comme tels !

 
Les parents chefs d’orchestre à l’école et à la maison

« Nous devions passer près de 45 minutes à 1 heure par soir afin de compléter ses devoirs. Je me souviens des larmes, de l’impatience, des querelles, du découragement et de l’impuissance face à ces défis quotidiens. », explique Pierre-Olivier Jetté, parent d’une élève dys et responsable du programme "Voie d’avenir" au Collège Saint-Bernard.

Aider son enfant - un site pour faire comprendre les troubles de l'attention.

Sous la menace de résultats catastrophiques, les parents se retrouvent donc bien obligés de faire le lien entre les institutions médicales et l’établissement scolaire.

En plus des rendez-vous auprès d’orthophonistes, psychologues, neurologues, etc, ils sont invités à participer aux adaptations pédagogiques.

 

De l’organisation, du temps, de la patience

La scolarité Dys requiert une grande disponibilité familiale et un esprit de solidarité très développé, entre les adultes de l’entourage de l’élève dys.

Mais ce n’est pas tout !

Super parents, super encadrement, super équipement informatique

« Avant, je faisais des fautes. Maintenant, je ne fais plus de faute», constate Florian, élève de CE2 présentant une dyspraxie visio-spatiale, équipé d’un ordinateur portable en classe.

PrimTice , le site de l'Éducation Nationale pour la promotion de l'usage des nouvelles technologies en classe.

La solution informatique apparaît miraculeuse. Aux parents d’assurer le bon fonctionnement de ces matériels et logiciels estampillés « dys » : c’est ainsi qu’ils se transforment en parfaits référents numériques !

Qui trop embrasse mal étreint...

Pourtant, on peut s’interroger sur ce que retient l’élève de ces écrans impeccables d’où l’on a gommé l’erreur ? Se tromper, surmonter ses difficultés, risquer d’échouer : voilà tout l’art d’apprendre.

Épuisés par leur parcours du combattant, certains parents éprouveraient la nostalgie du bon sens :

Définition au naturel par des enfants Dis...ney

Et si être parent consistait justement à ne pas se battre à la place de ses enfants ?

Rédigé par Céline Bernard

Publié dans #parents, handicap, école, inclusion scolaire, dys

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C
Bonjour,<br /> Les réactions suscitées par cet articles sont nombreuses et parfois épidermiques. Un ami dont je garde le nom secret, m'envoie ce lien : http://id.erudit.org/iderudit/46020ac pour illustrer les rapports entre domination et éducation. Pierre Bourdieu porte un regard sociologique sur cette dépossession invisible, qui consiste à persuader telle classe de ses manques pour mieux la diriger ensuite.<br /> C'est une réponse aux lecteurs qui me trouvent "dure avec les enfants et les parents"...<br /> Bon mardi,<br /> Céline.
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F
Et si être "dys" correspondait également à être nanti parfois d'une intelligence hors du commun, qui conduirait l'enfant à se différencier des apprentissages "normaux" ? Tout le problème réside dans cette adaptation obligée à un moule établi, à un cadre ordinaire dans lequel on peut ne pas se reconnaître en tout état de cause. La précocité, la douance sont des approches différentes du "handicap" mais requièrent tout autant d'adaptation, de compréhension et de suivi. Etre enfant "dys" sous toutes ses formes conduit à un étiquetage, insupportable pour lui comme pour ses parents, qui ont fondé des espoirs énormes dans sa réussite "sociale" et qui voient s'effondrer leurs projets d'insertion "normale". La mise en place de projets individualisés par l'éducation nationale n'est certainement pas la solution compte tenu des "prises en charge" nombreuses et parfois incohérentes imposées à l'enfant comme à ses parents, même s'ils en revendiquent la mise en place.Cataloguer un enfant et l'inscrire dans une catégorie déterminée est la première atteinte à sa liberté de penser et de s'exprimer autrement. Cela ne l'empêchera pas de grandir, de trouver sa voie, avec toutes les capacités qu'il va développer s'il est guidé dans le respect de sa personnalité, s'il comprend ce qu'on attend de lui, autrement que par l'intermédiaire de "projets", de matériels, d'écrans, de logiciels "adaptés", qui sont autant de nouvelles difficultés à affronter. Le parcours du combattant n'est pas seulement celui des parents ! Ne jamais oublier que l'erreur est humaine et que c'est par les erreurs que l'on peut avancer, sans pour autant être jugé ou se mettre en danger. C'est par l'expérience et par la prise de confiance que l'on se construit peu à peu. Trop d'adultes semblent encore l'ignorer et pourtant...
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C
Bonjour Françoise,<br /> Votre commentaire fait plaisir à lire. Vous prouvez brillamment à quel point la différence est à reconsidérer , ou plutôt notre manière de l'aborder.<br /> Vous souhaitant un bon dimanche,<br /> CB.