metier d'ecrivain

Publié le 2 Avril 2015

L'écrivain public, c'est celui qui fait des lettres...

Mon expérience d'écrivain public

Beaucoup de gens savent faire des lettres et d'ailleurs, la plupart du temps, ils les font eux-mêmes et sont â même de donner un coup de plume à leurs voisins, neveux, copains, grands-parents, etc, moins à l'aise. L'écrivain public est donc inutile dans notre paysage social. Et pourtant...

L'écrivain public est un expert de la langue française et de l'écriture.

Il n'hésite ni sur l'orthographe et n'a pas besoinde chercher sur internet un modèle pré-mâché avec des phrases toutes faites.

L'écrivain public s'intéresse à la langue en tant que vecteur d'émotion et d'identité.

Les mots nous disent sans exprimer toujours ce qu'on voudrait. Ce que l'on dit, ce que l'on voudrait dire te ce que l'on devrait dire : voilà trois formulations parfois contradictoires coexistant dans toute situation d'écriture.

Et si l'on est deux, le problème se complique car pour celui qui écoute, il ya ce qu'il entend, ce qu'il croit entendre et ce qu'il devrait entendre.

L'écrivain public a une vision globale de la société dans sa forme écrite.

Il connaît les services et les interlocuteurs susceptibles d'accueillir et d'aider des personnes éconimiquement fragiles, qui elles aussi ont droit à la dignité pleine et entière que confère la maîtrise des mots. Autrement dit, la letre proposée sera aussi juste que possible par rapport à une situtaion donnée en quelques instants.

Mon expérience d'écrivain public
Mon expérience d'écrivain public
Mon expérience d'écrivain public

Le métier d'écrivain

Profession non règlementée, le métier d'écrivain revêt des formes variées. La pratique de l'écriture sous contrainte permet de maîtriser la puissance d'une expression durable.

Durant toute leur vie, les Occidentaux sont invités à construire leur identité par la production écrite adéquate. Lettres de candidature, profils, CV, présentations, emails, formulaires : les archives sont surprenantes. J'imagine que les générations à venir auront un énorme travail de reconstitution historique face au déluge des écrits individuels et à la logorhée des organisations.

Public ou privé, l'écrivain participe à une rationnalisation de l'écrit. Il hiérarchise, écarte l'inutile, met en valeur, etc. Il n'augmente pas le volume, au contraire, il clarifie, classe, range et améliore.

ÉCRIVAINS DE RUE
ÉCRIVAINS DE RUE
ÉCRIVAINS DE RUE
ÉCRIVAINS DE RUE

ÉCRIVAINS DE RUE

Le modèle économique de l'écrivain public

L'Urssaf propose un statut de profession libérale, au code incertain. Cousin des astrologues dans la case " Autres services à la personnes" et des marchands de trombones dans la case "Petit matériel de bureau", l'écrivain public a le droit de déclarer son activité au fisc qui lui laisse alors le bénéfice de deux tiers de son activité.

La prestation d'écriture est alors de l'ordre de 45€ de l'heure, sachant qu'elle occulte pudiquement le bureau d'accueil, le matériel, la formation, la réflexion, etc.

Pour une lettre demandée par un chômeur, ce n'est pas tenable.

Mon expérience d'écrivain public

Lettre aux bénévoles et aux institutions qui les installent

Mesdames, Messieurs,

Vous qui écrivez des lettres au tout venant souvent courbé sous le fardeau de sa situation, vous qui écoutez ses mots, souvent empreints d'émotion(s), et souvent confus car ignorant de la réalité politique et sociale ;

Vous qui êtes experts de la langue française, et qui comprenez plutôt facilement les tournures administratives faites exprès pour distiguer les gens de lettres des ignorants ;

Vous qui aimez assez les gens pour leur offrir de votre temps, gratuitement sans rien attendre en retour, puisqu'il est tellement difficile de demander et qu'il faut reconnaître que ce sont toujours les mêmes que l'on contraint à la gratitude ;

Vous qui avez décidé de vous lancer dans l'aventure de l'écriture qui porte les rêves et qui dénoue les situations ;

Ne croyez pas que la feuille noircie qu'on enverra (ou pas) à l'administration dont l'adresse figure en haut à droite est la raison première de la visite d'une personne à votre permanence d'écrivain public, aussi municipale soit-elle. La personne est venue à votre rencontre pour prendre un peu d'écoute, de la confiance, un sourire, des mots qui encouragent. Sans la maîrise des mots, on est parfois si seul et tellement vulnérable.

Ne croyez pas non plus que le modèle de lettre que vous adopterez avec une aisance technique certainen change rien à l'affaire. Les gens qui viennent à vous vivent parfaitement sans ordinateur, sans langage juridique, sans numéro d'enregistrement. Ils viennent à la rencontre et tout compte fait, vous offrent par leur présence au monde.

Que chaque rencontre éveille cette étincelle dont les ombres portées sur la feuille glissée dans l'enveloppe timbrée éclaireront à leur tour l'âme de leur destinataire pour que nos destins partagés soient enfin plus sereins.

Tous mes voeux de belles écritures,

CB

Mon expérience d'écrivain public
Mon expérience d'écrivain public
Mon expérience d'écrivain public

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Rédigé par Ecriture plurielle

Publié dans #Métier d'écrivain

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Publié le 10 Mars 2015

Rhads
Rhads

La littérature ne sert à rien.

Admettons que vous soyez aujourd'hui à la fin de votre récit.

Un coup d'oeil rétrospectif vous montre le chemin parcouru. Vous sentez qu'il faudra bien s'arrêter, mais en même temps, un livre n'est jamais fini.

C'est là que commence à poindre la question du public.

Au fond, à quoi ça sert d'être arrivé(e) là ?

L'écriture prend sens dans la vie. Elle n'a pas un sens en général. Tout comme les mots.

Admettre que l'écriture est un rapport et non un objet, c'est tout le paradoxe de la modeste ambition d'être publié(e).

Le livre et le message

L'écriture est une nécessité.

C'est au pied du mur qu'on le voit le mons bien.

Au moment de relire et peaufiner votre livre, il y a fort à parier que la force de votre concentration vous montre en énorme des détails que vous vous hâtez de juger déplorables, sans voir que, désormais, l'ensemble ne vous est plus accessible.

Et préparez-vous dès à présent : après n'avoir lu que 3 mots d'un livre, certains sont près à le juger et tirer d'extrapolantes généralités ... Ou alors, ce sera le silence, face-à-face pénible qui vous donnera l'impression d'être une logorrhée. Bref.

Le contrat d'édition le plus ardu à conclure, c'est avec soi-même qu'il faut le signer.

Le livre et le message

Ce que dévoile l'auteur de lui-même est ce qui reste quand le lecteur a oublié l'histoire.

Pour moi, le livre est un prétexte.

Un prétexte comme un alibi pour se recontrer autrement, s'échapper vers l'inconnu ou l'ailleurs, vivre par procuration.

Un prétexte, comme un texte préalable à prendre sa propre vie en mains et tracer les grandes lignes de son propre destion.

Nous sommes les bâtisseurs de l'avenir et non pas ses victimes, lisai-je sur internet.

Le livre en est l'emblème, infiniment réduite à notre espace-temps.

Le livre et le message

Comment maîtriser l'effet que produit un livre ?

Drôle de question. Comment maîtriser les cercles concentriques que l'eau forme en surface, une fois que le pavé a été jeté dans la mare ?

Plus l'intention est claire, plus l'effet portera - avec cependant un effet de retardement très souvent regretté.

Plus l'intention de l'écriture est brouillée, plus le résultat le sera aussi, à plus au moins long terme.

Et on revient dés lors au tout début : à quoi ça sert d'écrire ?

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Rédigé par Ecriture plurielle

Publié dans #livres, #Métier d'écrivain

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Publié le 5 Mars 2015

Tout le monde me le dit tout le temps : "Toi, ta vie, tu peux en faire un livre facilement ! Tu as vu tout ce que tu as vécu...!"

http://www.bipbipmarie.com/

Votre livre est mort.... Vive votre livre !

Jetez l'encre là où vous êtes

Quand on commence un livre, on se pose des questions du genre :

  • Qui va l'acheter ?
  • Est-ce que je peux le mettre à la Fnac ?
  • Est-ce que mes amis ou ma famille seront intéressés ?

Puis on balaie tout d'un revers de main en disant : "Mais au fait, je n'ai même pas commencé et si ça se trouve, je n'irai pas jusqu'au bout..."

Votre livre est mort.... Vive votre livre !

Faites confiance à votre bonne étoile...

Alors du coup, commence un long travail de conciliation entre la représentation qu'on a d'un livre en général et de son livre en particulier et ce qui est faisable/possible/envisageable avec les moyens du bord.

Le plus souvent, on croit que les aspects techniques seront déterminants. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas.

Les nouveaux magiciens ont des couleurs biodégradables, des machines laser et lancent leurs génies sur les lignes téléphoniques pour exaucer vos voeux (et d'abord, les comprendre...)

Mon génie personnel en matière d'impressions s'appelle AQUIPRINT.

Par conséquent, tout est possible. Vous avez bien lu : tout.

Dites-moi pour voir : qu'est-ce qu'un livre (à votre avis) ?

 

Ce qui est le plus difficile, c'est le plus simple. Donner votre définition du livre est une étape incompressible. En discutant, vous constaterez qu'il est plus facile de savoir ce que n'est pas votre livre, que ce qu'il est.

Voici des questions possibles :

 

Votre livre est-il en papier ou en format numérique ?

Votre livre comporte-t-il plus ou moins de 100 pages ? Combien exactement ?

Votre livre est-il organisé ? Comporte-til un sommaire, des chapitres ? Peut-on le consulter dans le désordre ?

Votre livre contient-il des textes, des images, des liens externes, des pistes audio, des films ?

Qu'est-ce qui est le plus important dans votre livre : la couverture ? l'information ? L'histoire ? les auteurs ? les images ? le geste d'offrir ?

Pour qui l'écrivez-vous ? Pour vous ? pour une ou plusieurs autres personnes ? Pour tout le monde ? pour personne ?

 

Mais que va-t-il devenir ?
Mais que va-t-il devenir ?

Métamorphose de la publication

Je passe les étapes de l'écriture -à développer lors d'un autre article- pour me rendre directement à la fin du projet de livre.

Pour toutes les publications que j'ai accompagnées jusqu'ici, il y a eu une sorte de deuil.

Eh oui, pour que votre livre vive dans les mains des lecteurs, il faut le laisser partir...

Ce qui est très douloureux, parce qu'il reste toujours des imperfections, des non-dits, des ambiguïtés qu'on voudrait lever, des compléments, des ajouts, des explications qu'on voudrait livrer encore, des choses qui ont évolué depuis qu'on les a écrites, et cetera.

La plupart du temps, c'est au moment de signer le bon à tirer qu'on a envie de tout arrêter et d'enterrer le projet. La phase de réalisation est le couperet des potentialités.

Et entre les anges gardiens et les bonnes étoiles, votre livre verra sûrement le jour en suivant le destin qui est le sien.

À ce moment-là, vous vous regarderez dans le miroir sans vous reconnaître et sans pouvoir définir ce qui a changé. Cette infime différence tient au fait énorme que la publication vous a propulsé parmi les auteurs. VOUS êtes un auteur.

Et il vous faut maintenant apprendre à vous aimer pour cela aussi.

"FIN"

Pour le livre fraîchement publié, c'est l'aventure de la lecture qui commence.

Pour l'auteur, c'est fini ! ... à moins qu'il ne prenne la casquette de l'éditeur ou de l'animateur, mais c'est une autre histoire.

Alors, après avoir écrit son profil en guise d'accompagnement, il peut entamer un nouveau projet d'écriture.

Son livre est mort... Vive son livre !

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Rédigé par Ecriture plurielle

Publié dans #livres, #Métier d'écrivain

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Publié le 18 Mai 2014

Vous vous êtes déjà émerveillé(e) de la réaction de votre auditoire lorsque vous racontiez une tranche de vie, somme toute très personnelle. Vous vous sentez prêt à vous lancer dans votre biographie, ou récit de vie.

Pour éclairer votre chemin, voici quelques lanternes :

1. L'union fait la force

Vous serez lu à l'arrivée, alors autant évaluer avec un volontaire bienveillant la pertinence de votre projet. (Prenez garde aux gens qui vous aiment : ils aiment aussi inconditionnellement tout ce que vous faites.)

Un écrivain personnel sera votre meilleur soutien, parce qu'il a l'habitude du "feed-back" et s'est déjà retrouvé confronté à plusieurs projets qui ont abouti (il vous les dira si vous lui en parlez) ou qui sont restés au fond des tiroirs (Ceux-là ne méritent pas la moindre mention mais leur existence garantit la sincérité de la démarche.)

 

Écrire à plusieurs, c'est une garantie - www.filetinstal.comÉcrire à plusieurs, c'est une garantie - www.filetinstal.comÉcrire à plusieurs, c'est une garantie - www.filetinstal.com

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2. Définissez ce que vous voulez obtenir en fin de compte

La publication d'aujourd'hui est tellement variée que tout est possible. Vous pouvez insérer des images, de la musique, vos meilleurs croquis, des scans des billets de musée. Un livre est aussi bien numérique que papier, imprimé en nombre ou à la demande, il tient en un feuillet plié ou en 1549 pages. Rien ne vous empêche de le coudre vous-même.

À qui destinez-vous l'ouvrage ?

Au Lecteur inconnu, à vos amis, à vos parents, à vos ennemis ?

3. Rétroprogrammez

Le "retroplanning" ressemble à un problème de maths.

"Sachant que vous souhaitez offrir vos souvenirs à Mamie pour son centième anniversaire, et que le livre imprimé doit contenir 100 pages de textes et 50 pages iconographiques, quelles sont les passages obligés ?"

Ensuite, donnez une date butoir à chaque action :

  • Récupérez les photos du 14 juillet chez Tonton.
  • Demander au petit dernier un dessin pour Mamie.
  • Téléphoner longuement à Tatie qui s'inquiète des révélations potentielles.
  • Prendre rendez-vous avec votre écrivain. Personnellement, j'écris en moyenne à 10 à l'heure, c'est-à-dire 10 pages pour une heure d'entretien.
  • Solliciter son banquier pour débloquer les fonds nécessaire à la réalisation pleine et entière de ce projet.
Ecrire sa vie, tout un programme ! - www.filetinstal.comEcrire sa vie, tout un programme ! - www.filetinstal.comEcrire sa vie, tout un programme ! - www.filetinstal.com

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4. Lancez-vous dans la collecte et le témoignage.

Vous allez témoigner à plusieurs reprises, du moins c'est ce que je vous souhaite.

Le premier rendez-vous vous donnera l'impression d'épuiser un peu la question. Vous irez sans doute plus loin que vous ne le souhaitiez au départ. Il existe au moins deux raisons pour ne pas s'inquiéter.

La première, c'est que la nuit porte conseil. Dès que votre biographe aura le dos tourné, dans les jours suivants, vos souvenirs reviendront ravivés, plus clairs, plus beaux (si c'est possible...) Dans ce cas, prenez des notes, sinon vous oublierez toujours quelque chose au rendez-vous suivant et resterez frustré.

La seconde, c'est que la relecture réserve de belles surprises. Pour ma part, c'est le moment que je trouve le plus important. Vous serez surpris de l'univers dans lequel elle vous fait plonger. C'est le vôtre, sauf que les traits en sont plus nets, épurés en quelque sorte. Comme si on avait rangé chaque chose à sa juste place.

5. Prenez le temps

Ce projet bouscule physiquement, émotionnellement et intellectuellement. C'est un exercice de reconstruction du passé, de structuration du présent et de création de l'avenir.

Même si votre biographe vous accompagne, il ne parcourt pas les sentiers du non-dit où vous vous aventurez en parallèle de votre récit. Il soutiendra ce qu'il ressent et transformera vos émotions en figures de style. Voilà qui soulage beaucoup.

Au moment de la relecture, vos propres mots s'animent en dehors de vous. Ils vous apparaîtront objectivés. Vous serez délesté(e) d'autant. Écrire des livres délivre.. .C'est passionnant et apaisant. Comme la lecture, me direz-vous.

Prenez le temps de savourer ces moments qui n'avancent pas positivement le livre, mais vous affermissent.

Écrire sa vie, ça n'arrive pas tous les jours - www.filetinstal.comÉcrire sa vie, ça n'arrive pas tous les jours - www.filetinstal.comÉcrire sa vie, ça n'arrive pas tous les jours - www.filetinstal.com

Écrire sa vie, ça n'arrive pas tous les jours - www.filetinstal.com

6. Relisez, relisez, relisez.

Tout est dans le titre. C'est la politesse de base. Il faut savoir ce que vous donnez à lire de vous-même. Une vue d'ensemble est indispensable pour vérifier l'intensité et la qualité de ce que vous apportez. Une fois écrit, chaque mot est enraciné et fixé. Il aura une puissance bien supérieure au discours oral ou à votre journal intime, démultiplié par les lecteurs et leurs représentations intérieures.

7. Menez votre projet à terme

Nous avons tous un livre à écrire. Non pas une compilation du discours médiatique et codifié. Un livre tiré de nous-même. Sur nous-même ou bien sur un autre sujet, peu importe. Au moment de la publication, des tas de pièges, d'obstacles et d'embûches peuvent surgir. Il est important, par considération envers vous-même de terminer votre projet, même si vous adoptez une forme plus légère que celle que vous envisagiez initialement.

Si l'argent est rédibitoire, pensez au blog gratuit, ou au mailing.

Si le temps vous manque, demandez une extension de prestation à votre écrivain personnel.il se transformera en éditeur, sans doute volontiers.

Si les idées vous échappent, choisissez des amis loquaces qui témoigneront autour d'un café ou d'un dîner.

Votre vie mérite une écriture.

Dans l'espoir d'avoir rallumé des étoiles, je souhaite vous lire prochainement, à défaut de vous écrire ;-)

Vos remarques et vos expériences en la matière, en tant que biographe ou biographé(e) sont bienvenus.

Tous mes souhaits littéraires et romancés.

Merci à Mikaël pour l'iconographie - www.filetinstal.com

Merci à Mikaël pour l'iconographie - www.filetinstal.com

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Rédigé par Ecriture plurielle

Publié dans #Métier d'écrivain

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